Le lundi 19 janvier 2026, le monde de la mode s’est réveillé en deuil. Valentino Garavani, l’icône incontestée de la haute couture italienne, s’est éteint à l’âge de 93 ans dans sa résidence romaine. « Avec une profonde tristesse, nous annonçons le départ d’une véritable source de lumière, de créativité et de vision », a déclaré la Fondazione Valentino Garavani e Giancarlo Giammetti dans un communiqué bouleversant. Celui que l’on surnommait « l’empereur de la mode » laisse derrière lui un héritage inestimable. Inventeur de la haute couture romaine moderne, Valentino a redéfini l’élégance féminine pendant plus d’un demi-siècle, imposant sa vision glamour et intemporelle aux quatre coins du globe.
Valentino : une vie au service de l’élégance
Valentino Clemente Ludovico Garavani est né le 11 mai 1932 à Voghera, en Lombardie. Très jeune, il ressent un appel irrésistible pour la mode et part étudier à Paris, capitale mondiale de la haute couture. C’est en 1960 qu’il fonde sa maison éponyme à Rome, accompagné de son partenaire de vie et d’affaires, Giancarlo Giammetti. Ensemble, ils bâtissent un empire du luxe qui rayonnera sur plus de six décennies. Valentino traverse les époques sans jamais perdre son âme, créant des robes qui transcendent les modes éphémères pour toucher à l’éternel. Son dernier défilé haute couture se tient en janvier 2007 à Paris, au musée Rodin, un adieu grandiose devant un parterre d’admiratrices en larmes. Il se retire officiellement en 2008, laissant sa maison poursuivre son rêve. Mais pour le monde entier, Valentino restera toujours synonyme d’excellence et de raffinement absolu.
Le « rouge Valentino » et une esthétique intemporelle
Si l’on devait résumer Valentino en une couleur, ce serait sans hésitation ce rouge éclatant, vibrant, immédiatement reconnaissable : le fameux « rouge Valentino ». Cette teinte carmin, presque vermillon, est devenue sa signature, un symbole de passion et de sensualité. Mais au-delà de cette couleur iconique, c’est toute une esthétique que le couturier a imposée : un mélange unique de glamour hollywoodien et de rigueur italienne, des silhouettes sculpturales qui magnifient le corps féminin sans jamais le contraindre. Valentino avait une vision précise de la femme qu’il voulait habiller : élégante mais jamais guindée, sensuelle sans vulgarité, intemporelle dans un monde qui court après les tendances. Ses créations incarnent la dolce vita des années 1960, cette insouciance raffinée qui a fait de Rome la rivale de Paris. Même des décennies plus tard, ses robes conservent cette magie intacte, cette capacité à transformer celle qui les porte en icône.
L’habilleur des stars et des reines
Valentino n’a pas seulement habillé des femmes, il a paré des légendes. Audrey Hepburn, Jackie Kennedy, la princesse Diana, Elizabeth Taylor, Sophia Loren, Julia Roberts, Gwyneth Paltrow, Beyoncé… La liste de ses clientes se lit comme un Who’s Who du XXe et du XXIe siècle. Pendant plus de cinquante ans, ses créations ont illuminé les tapis rouges, de Cannes à Hollywood, des bals de la Maison-Blanche aux galas royaux. Chaque robe était une œuvre d’art, chaque apparition un moment d’histoire de la mode. Comme l’a si justement rappelé France 24, Valentino a « affolé les plus belles femmes du monde pendant près d’un demi-siècle ». Son impact ne se limite pas à la mode : ses créations ont marqué l’histoire du cinéma, de la politique et du spectacle vivant. Porter du Valentino, c’était faire partie d’un club très fermé, celui des femmes qui incarnent l’élégance absolue.
Un héritage mode qui traverse les générations
Aujourd’hui, la valeur de la marque Valentino se chiffre en milliards d’euros, mais l’héritage du créateur va bien au-delà des chiffres. En 2021, la Fondazione Valentino Garavani e Giancarlo Giammetti inaugurait le PM23, un centre culturel situé Piazza Mignanelli à Rome, au cœur de la ville éternelle. Ce lieu, dédié à la mode, à l’art et à la culture, incarne la volonté du couturier de transmettre sa vision aux nouvelles générations. «
Une véritable source de lumière, de créativité et de vision », selon les mots de la fondation.
Valentino ne s’est jamais contenté de créer des vêtements ; il a inspiré des générations entières de designers, du prêt-à-porter à la haute couture. Son influence se lit encore aujourd’hui dans les collections des jeunes créateurs qui puisent dans son vocabulaire esthétique : la coupe impeccable, le sens du drapé, l’audace maîtrisée. Il était un guide, un phare dans la nuit de la fast fashion et des modes jetables.
Hommages et derniers adieux à Valentino
Le corps de Valentino sera exposé publiquement les 22 et 23 janvier 2026 au PM23, permettant au public de lui rendre un dernier hommage dans ce lieu qu’il chérissait tant. Les funérailles auront lieu le vendredi 23 janvier à 11 heures, en la basilique Santa Maria degli Angeli e dei Martiri, l’une des plus belles églises de Rome, conçue par Michel-Ange. Le monde de la mode s’apprête à dire adieu à l’un de ses plus grands représentants. Les hommages affluent du monde entier : TIME France, France 24, Rolling Stone et d’innombrables médias saluent le génie d’un créateur hors norme. Les réseaux sociaux se parent de rouge en sa mémoire, et les mannequins, actrices et célébrités qu’il a habillées partagent leurs souvenirs émus. Rome pleure l’un de ses fils les plus illustres, et le monde entier partage son chagrin.
Conclusion
Valentino Garavani était bien plus qu’un couturier : c’était un visionnaire qui a redéfini les codes de l’élégance féminine, un artiste qui a transformé le tissu en poésie. « L’empereur de la mode » laisse un empire immatériel fait de beauté, de grâce et d’exigence. Son rouge iconique continuera de briller sur les podiums et les tapis rouges du monde entier. Son esthétique, intemporelle, traversera les décennies à venir comme elle a traversé les précédentes. Les robes changeront, les tendances passeront, mais l’esprit Valentino demeurera, rappelant à chaque génération qu’il existe une forme de beauté qui ne se démode jamais. Rome et le monde de la mode perdent aujourd’hui un géant, mais gagnent un mythe éternel.
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