Le monde de la mode vient de connaître son séisme le plus spectaculaire de la décennie. Début février 2026, après des mois de spéculations fiévreuses dans les coulisses de Milan, la nouvelle est officiellement tombée : Pieter Mulier prend les rênes de Versace. Cette nomination n’est pas une simple rotation de chaises musicales ; elle intervient quelques mois seulement après le rachat historique de la maison par le groupe Prada pour la somme colossale de 1,25 milliard d’euros. L’enjeu est immense : Mulier succède à Dario Vitale, dont le passage éclair de moins d’un an a laissé la place à une quête urgente de stabilité. Le créateur belge, dont l’entrée en fonction est prévue pour le 1er juillet 2026, devient ainsi le nouvel architecte d’un luxe en pleine mutation. Portrait du gardien de la Méduse.
1. Pieter Mulier : 20 ans dans l’ombre du génie
Né en 1978, Pieter Mulier est loin d’être un nouveau venu sur l’échiquier de la haute couture. Si son nom a longtemps été moins cité que celui de ses pairs, son influence sur la mode contemporaine est pourtant colossale. Il est « l’homme de confiance », celui qui a œuvré dans l’ombre pour façonner les visions de Raf Simons depuis 2002. De Jil Sander à Christian Dior, en passant par l’aventure américaine chez Calvin Klein, Mulier a été le bras droit indispensable de Simons, le technicien de l’invisible capable de traduire des concepts abstraits en coupes chirurgicales.
C’est dans ces prestigieuses maisons qu’il a forgé sa réputation de maître de la structure. Son talent réside dans une maîtrise technique rare, une capacité à sculpter le vêtement pour qu’il devienne une seconde peau. Pour Mulier, le luxe n’est pas une parure, c’est une architecture. Cette rigueur héritée de l’école belge est aujourd’hui l’une des compétences les plus recherchées de l’industrie, faisant de lui le candidat idéal pour reprendre une maison au patrimoine aussi dense que Versace.
2. La consécration chez Alaïa : le maître de la silhouette
En 2021, Pieter Mulier accepte un défi que beaucoup jugeaient impossible : succéder au regretté « maître » Azzedine Alaïa. Sortir de l’ombre pour diriger une maison aussi sacrée était un pari audacieux, voire périlleux. Pourtant, en quelques saisons, Mulier a signé une renaissance saluée par l’unanimité de la critique. Il a su respecter l’héritage d’Alaïa tout en y injectant une modernité sensuelle et une fluidité nouvelle.
Son empreinte stylistique s’est affirmée à travers une valorisation du corps féminin dénuée de tout superflu. Chez Alaïa, il a prouvé qu’il savait marier la technicité pure à un érotisme sophistiqué. C’est précisément cette capacité à magnifier la silhouette féminine avec une précision quasi chirurgicale qui a convaincu le groupe Prada de son potentiel. En transformant Alaïa en un succès à la fois critique et commercial, Mulier a démontré qu’il était prêt pour la ligue supérieure : celle des géants mondiaux.
3. L’ambition de Prada pour Versace : redorer le blason de la Méduse
Le rachat de Versace par Prada marque le début d’un nouvel axe du luxe italien. Dès le début des discussions de rachat, le groupe dirigé par Patrizio Bertelli et Miuccia Prada aurait identifié Mulier comme « la personne adéquate ». L’objectif est clair : passer du glamour flamboyant, parfois jugé trop littéral ou instable, à une vision plus architecturale, plus épurée, bref, plus « Prada-esque » dans sa gestion de l’image.
Il s’agit d’instaurer un dialogue profond entre l’histoire baroque de la marque et une élégance plus statutaire. Lorenzo Bertelli, nouveau président exécutif de Versace, a d’ailleurs exprimé cette ambition sans détour : « Nous sommes convaincus qu’il saura exprimer pleinement le potentiel de Versace et instaurer un dialogue profond avec l’histoire et l’esthétique distinctive de la marque. » Sous l’égide de Prada, Versace n’est plus seulement une marque de « pop-culture », elle aspire à devenir une référence de l’élégance intellectuelle et intemporelle.
4. Ce que l’on attend du premier défilé
Le passage de Dario Vitale ayant été réduit à une seule collection, le monde de la mode est en attente de pérennité. Comment Mulier va-t-il fusionner son ADN minimaliste et rigoureux avec les imprimés baroques, le cuir et l’énergie pop hérités de Gianni Versace ? C’est toute la question qui anime les rédactions. On imagine déjà une fusion des genres : la puissance du motif Versace domestiquée par des coupes impeccables et des matières innovantes. Avec une prise de poste officielle en juillet, tous les regards sont braqués sur la Fashion Week de septembre 2026. Ce premier défilé sera le baromètre de la santé du luxe italien sous l’influence du groupe Prada.
Conclusion : un nouveau chapitre pour le luxe italien
Pieter Mulier n’est pas seulement un créateur talentueux ; il est l’architecte choisi pour transformer Versace en un mastodonte du luxe moderne. En alliant l’audace historique de la Méduse à la rigueur de son parcours, il s’apprête à écrire un chapitre fascinant. La Méduse n’a jamais été aussi intrigante, et l’ère Mulier promet d’être, avant tout, sculpturale.
Pensez-vous que Pieter Mulier soit capable de rendre Versace aussi chic que Prada tout en gardant son âme provocatrice ? Donnez-nous votre avis en commentaire !
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